Chronique

Chronique: « Anna Karénine » de Tolstoï

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Coucou les lecteurs!

Aujourd’hui je reviens avec une pavasse qui mérite sa renommée et qui va réussir à vous faire voyager. Promis juré!

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La quête d’absolu s’accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société pétersbourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher – l’antithèse d’une Bovary – ne peut ressentir qu’un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l’incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences que véritablement peiné par la trahison d’Anna. Le drame de cette femme intelligente, sensible et séduisante n’est pas d’avoir succombé à la passion dévorante que lui inspire le comte Vronski, mais de lui avoir tout sacrifié, elle, sa vie de femme, sa vie de mère. Vronski, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine. Dans son insondable solitude, Anna, qui ne peut paraître à ses côtés, aura pour seule arme l’humiliante jalousie pour faire vivre les derniers souffles d’un amour en perdition. Mais sa quête est vaine, c’est une « femme perdue ».

Edition: Pocket

Prix: 4,90 euros

Nombre de pages: 983 pages


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Tolstoï vous connaissez forcément mais l’avez-vous déjà lu? Pour ma part, je me suis récemment lancé dans Anna Karénine, rien que ça, et j’ai adoré! La première chose qui m’a frappé c’est la plume de Tolstoï. En effet, j’ai mis un mois et demi à lire cette brique. L’écriture n’a rien d’alambiquée à la Balzac mais elle est dense et notamment à cause des multiples personnages du livre qui ont des prénoms, des noms, des patronymes, des surnoms et leur prénom en français et en anglais. Si vous n’êtes pas familier avec la langue russe, il vaut mieux les écrire sur un papier sinon vous allez souffrir! Qui plus est, cette multitude de personnages complexifie l’intrigue donc il faut réussir à suivre, mais sincèrement c’est un détail.

Tolstoï nous présente donc une multitude de personnages dont la fameuse Anna Karénine. Je vais être honnête, je n’ai pas du tout aimé ce personnage. Cette femme mariée tombe amoureuse d’un jeune noble prénommé Wronsky. Là je ne vous spoil pas, c’est un élément du livre plutôt célèbre. La romance entre eux est très prévisible et plutôt fade. C’est le cliché de la femme qui résiste tant bien que mal, puis qui cède et qui quitte cette vie pleine de souffrances. Anna serait-elle la Madame Borvary russe? Pour moi, ça y ressemble grandement sauf qu’Anna ne trompe son maris qu’avec Wronsky alors qu’Emma, ça y va franchement. Bref, Wronsky est l’amant transi digne héritier de la littérature médiévale: il obéit, se sacrifie, lui achète des choses, tente de se supprimer etc. Anna, elle, se plaint, encore et encore pour finalement se suicider. Ce personnage est vraiment apprécié par les lecteurs mais je ne sais pas pourquoi. Anna m’a semblé cliché et d’un égoïsme exacerbé. C’est le seul point noir de ce livre.

Qu’est-ce que j’ai aimé? Le personnage de Lévine dont je n’avais jamais entendu parler avant de lire cette oeuvre. Constantin Lévine est un des personnages principaux, c’est un noble vivant à la campagne qui possède une franche sympathie pour ses paysans. Voilà ce qui m’a plu avec ce personnage: son amour de la paysannerie! L’auteur nous décrit la demeure de cet homme, ses champs, ses travaux, ses machines, ses bêtes et j’en passe! Un passage m’a vraiment parlé, celui durant lequel Lévine, qui est le propriétaire, va faucher toute une journée avec ses hommes. Il les découvre, mange avec eux et nous transmet son amour de la Terre. Si vous lisez la biographie de Tolstoï, vous comprendrez rapidement que ce personnage est son double. Qui plus est, Constantin n’aspire qu’à la simplicité et veut faciliter la vie de ses paysans. Il entreprend des réformes, il voyage et s’entretient avec de nombreux spécialistes. Lévine possède donc un réel intérêt pour ce milieu qui contraste avec celui des autres personnages. Ce roman s’ouvre et se ferme sur sa quête du bonheur et il le trouve grâce à la foi. Il ne faut pas oublier que Tolstoï était très pieux. Ce personnage mériterait d’être plus populaire et je pense qu’il va me marquer un moment!

Hormis la romance Anna-Wronsky, l’histoire m’a beaucoup plu. En effet, nous suivons plusieurs intrigues qui sont entremêlées, tellement il y a de personnages dans cette oeuvre. Nous suivons un homme accusé d’adultère, un homme cocu, un jeune homme transi d’amour pour une jeune femme, des intrigantes, des aristocrates et des mondaines. En somme, Tolstoï nous décrit cette aristocratie russe du 19e siècle qui oscille entre l’impérialisme, la modernité européenne et qui annonce la chute prochaine de ce régime. Nous découvrons donc cette aristocratie matérialiste qui est particulièrement friande de ragots et qui se délecte des malheurs des autres. Autant vous dire que la situation d’Anna va délier toutes les langues. Cette oeuvre est un florilèges de commérages entre ceux des Salons, des courses de chevaux et des sorties à l’Opéra. C’est une immersion dans ce milieu privilégié et superficiel qui disparaîtra à l’aube du 20e siècle. Néanmoins, l’auteur ne nous épargne pas la réalité de ces familles dont l’opulence n’est qu’une façade. Tolstoï décrit la situation de plusieurs personnages qui sombrent dans la pauvreté ou qui amassent des dettes bien qu’ils soient d’origine noble. Cet aspect m’a fait pensé à La Curée de Zola. C’est donc un très bon moyen de découvrir cette classe sociale durant cette époque.

 

En conclusion, je dirais que ce classique russe mérite sa renommée et l’engouement qu’il suscite toujours auprès des lecteurs. Chroniquer ce livre est difficile car bien qu’il soit dense, l’intrigue peut aisément se résumer et je ne tiens pas à vous gâcher votre lecture. Quoi qu’il en soit, je vous encourage vivement à le lire car il m’a vraiment aidé à m’évader durant ces temps de confinement.

 

Ma note: 18/20

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Bonnes lectures!

2 commentaires sur “Chronique: « Anna Karénine » de Tolstoï

  1. Trop contente qu’il t’ait plus !! Un coup de coeur pour moi également.. et j’ai assez apprécié mépriser Anna.. elle est très caricaturale, à la claquer ! Si j’avais peur d’une lecture laborieuse, la plume est si fluide qu’on oublie qu’il s’agit d’un classique.. russe qui plus est !
    Je me suis récemment procuré La guerre et la paix (après avoir vu la récente adaptation .. I confess..) et j’ai hâte de me lancer.. (quand je serai courageuse vu la taille du bébé !)
    Je ne crois pas avoir lu autre chose en litté russe… Dostoïevski m’attend mais j’ai l’impression que c’est un « level » au dessus ^^

    Aimé par 1 personne

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