Article Thématique

L’Immigration dans la Littérature (Luca Di Fulvio, Laurent Gaudé)

Immigrant Family Looking at New York Skyline

Coucou les lecteurs!

Aujourd’hui je vous publie le premier article de ce genre et comme vous avez lu le titre, vous savez que je vais vous parler d’immigration. Ce thème est plutôt récurrent dans mes lectures et parfois il est abordé de façon très intéressante. Je vous présente donc deux livres sur ce sujet.


 

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Résumé:

Gardien de la Citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d’intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission. Dans le même temps, au Soudan, deux frères (bientôt séparés par le destin) s’apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l’Eldorado européen…

Prix: 6,10 euros

Nombre de pages: 224 pages

 

 

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Résumé:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt… L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio. Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Prix: 9,50 euros

Nombre de pages: 945 pages

 

 


 

Voici donc deux livres qui traitent d’une immigration massive durant deux siècles et vers deux continents différents: l’Amérique et l’Eurasie. Ce corpus permet de mieux appréhender ce phénomène qui pose toujours problème, malgré plusieurs siècles d’immigration. Le thème me semble donc d’actualité!

 

Je vais commencer par évoquer l’oeuvre de Di Fulvio. En effet, elle permet de mieux comprendre le « parcours type » d’un immigrant du 20e siècle. Dans ce livre, nous suivons la fuite d’une jeune italienne vers les états-unis. Cette femme y vivra avec son petit garçon, Christmas, qui grandira dans les bidonvilles, entre les quartiers ethniques et le mépris des natifs qui voient ces personnes comme des nuisibles. Nous sommes loin du rêve américain. Malheureusement, la petite famille découvrira rapidement qu’à New York, personne ne vous fait de cadeau. C’est marche ou crève. Alors ils marchent: elle se prostitue, Christmas essaye de tirer son épingle du jeu malgré la discrimination et son manque d’instruction. Je ne vais pas vous en dire plus à propos de cette histoire mais sachez que l’intrigue suit l’évolution de ce petit garçon et que c’est extrêmement touchant de le voir se débrouiller pour aider sa mère.

 

Vous allez me dire: pourquoi ce livre? Et bien, je trouve qu’il évoque tout un pan plus ou moins sombre de l’immigration vers l’Amérique que l’on évoque peu. En effet, vous avez sûrement déjà entendu parler d’Ellis Island. En voici une photo d’époque (1905):

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Cette île située au large de New York servait de porte d’entrée vers les états-unis dès la fin du 19e siècle. Rapidement, le flux d’immigrants était devenu trop important pour le pays. Pour vous donner une idée, près de 1,900 personnes y transitaient chaque jour entre 1900 et 1914. Le pays a  donc mis en place des quotas par nationalité en 1924, c’est le National Origin Acts of 1924.  Ce système partait plus ou moins d’une bonne intention, il fallait filtrer l’arrivée de ces personnes mais ces tris ont brisé des vies. Imaginez-vous partir pendant des jours, des semaines voir des mois en mer avec votre famille pour fuir une famine ou une guerre et être refusé à l’entrée du pays. Ce quota était justifié, selon les autorités américaines, car ces immigrants était entassés dans des quartiers immondes comme les Five Points, le  plus grand bidonville de Manhattan. Ce quartier s’est formé dès  1820 et a connu son pic d’activité en 1840 à cause de la Crise de la patate. Ce quartier était divisé en plusieurs morceaux partagé entre les italiens, les anglais, les juifs, les irlandais et les africains. Vous vous dites que c’est culturellement riche mais dans les faits, ces gens vivaient l’enfer entre les guerres de clans, de nationalités, de religions et j’en passe. Ils vivaient dans la misère et c’est cette même misère que Luca Di Fulvio nous décrit dans son livre. Il ne cache pas les torts de cette société américaine qui maltraite ses minorités ethniques. C’est un problème qu’ils n’ont d’ailleurs toujours pas résolu … Voici un plan du quartier pour mieux comprendre son appellation  et une illustration d’un journal:

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Luca Di Fulvio fait donc appel aux connaissances du lecteur à propos de l’histoire américaine afin de mieux saisir la beauté de la vie de Christmas et l’horreur dans laquelle il va grandir. Bref, si vous lisez ce livre avec ce contexte en tête, l’histoire n’en sera que plus touchante.

 

 

Maintenant, nous allons changer de siècle et de continent. Dans Eldorado, Laurent Gaudé évoque l’immigration qui arrive d’Afrique et qui souhaite rentrer en Europe par l’île de Lampedusa en Italie. En voici une carte:

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Cette île vous est sûrement familière. En effet, de nombreux bateaux d’immigrants y font naufrage ou sont refusés par les gardes-côtes. Par exemple, nous avons récemment entendu parler du bateau « Open Arms » qui a été au large de l’île pendant 19 jours avec des immigrants qui vivaient dans des conditions plus que précaires.

 

Ce livre publié en 2006, nous permet de suivre deux points de vue. Celui d’un immigrant somalien, Souleiman et d’un commandant de la marine militaire, Salvatore Piracci. Salvatore est habitué à voir des naufrages de bateaux plein d’immigrants que l’Italie refuse d’aider. Son quotidien est fait de morts et de refus de sauvetages comme en témoigne le cimetière de Lampedusa qui est remplis de tombes étrangères. C’est dans ce quotidien pesant que nous découvrons l’immigration qui est appréhendée différemment par les deux hommes. Souleiman y voit une échappatoire, une nouvelle chance de vivre dans l’Eldorado contemporaine: l’Europe. Piracci, lui, ne comprend pas  ces gens mais rapidement il évoluera et se révoltera contre ce système. Ce qui est beau dans ce livre, c’est que les deux personnages se croiseront et tout les deux alimenteront mutuellement leur soif d’exil vers une terre plus propice. L’intrigue prend la forme d’une boucle où tout est un éternel recommencement. Ce livre est moins cruel que celui de Di Fulvio mais tout comme lui, il fait réfléchir sur cette immigration et ses conséquences sur les Hommes. Je ne peux pas vous en dire plus, c’est un livre qui comporte peu d’action, il faut donc le découvrir par soi-même.

 

En conclusion, ces deux livres nous font réfléchir sur ce qu’il se passe depuis des siècles dans plusieurs pays. Ils nous font nous interroger sur notre comportement face à l’immigration. Doit-on les rejeter? Les accepter? Filtrer? Des questionnements que nous nous posons depuis des siècles et pour lesquels nous n’auront peut être jamais « la » bonne réponse. Néanmoins, ces deux auteurs ont le mérite de se pencher sur le sujet. Voici donc comment l’immigration est dépeinte par deux grands auteurs et deux grandes œuvres.


Pour les curieux:

Livres:

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Films:

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Autres:

*Le site d’History qui traite de l’histoire d’Ellis Island: https://www.history.com/topics/immigration/ellis-island

*La crise de la patate: https://www.lhistoire.fr/la-famine-en-irlande

*Le site du musée d’Ellis Island: https://www.libertyellisfoundation.org/immigration-museum?gclid=EAIaIQobChMIh7P8852D6QIVOYBQBh08SghWEAAYASAAEgJZNfD_BwE

*Un article sur les Five points: https://dailygeekshow.com/gangs-five-points-new-york-dead-rabbits-bowery-boys/


 

Bonnes lectures!

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