Chronique

Chronique: Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey

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Coucou les lecteurs!

Je reviens vers vous aujourd’hui avec la chronique d’un de mes coups de cœur de l’année 2020!

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Alors que la grève installée à Wakonda étrangle cette petite ville forestière de l’Oregon, un clan de bûcherons, les Stampers, bravent l’autorité du syndicat, la vindicte populaire et la violence d’une nature à la beauté sans limite. Mené par Henry, le patriarche incontrôlable, et son fils, l’indestructible Hank, les Stampers serrent les rang… Mais c’est sans compter sur le retour, après des années d’absence, de Lee, le cadet introverti et toujours plongé dans les livres, dont le seul dessein est d’assouvir une vengeance. Au-delà des rivalités et des amitiés, de la haine et de l’amour, Ken Elton Kesey (1935-2001), auteur légendaire de Vol au-dessus d’un nid de coucou, réussit à bâtir un roman époustouflant qui nous entraîne aux fondements des relations humaines. C’est Faulkner. C’est Dos Passos. C’est Truman Capote et Tom Wolfe. C’est un chef-d’œuvre.

Edition: Monsieur Toussaint Louverture

Prix: 14,50 euros

Nombre de pages: 894 pages


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Ce livre je l’avais vu un peu partout mais je ne l’avais jamais acheté. Sauf que le confinement est arrivé et j’ai compris que la maison d’édition tirait un peu la langue, j’ai donc passé une grosse commande chez eux. Bien sûr, si vous faites pareil ce serait super! Quoi qu’il en soit, j’ai lu cette briquasse de quasiment 900 pages sans grande conviction et là, BAM! Le coup de cœur! (J’ai adoré ce livre, bien plus que Personne ne gagne que j’ai aussi chroniqué sur ce blog).

 

De quoi parle ce livre? Et bien, je vais être honnête avec vous, l’intrigue n’a rien de palpitant. Vous n’avez qu’à lire le résumé et vous connaissez les grandes lignes de ce roman. Surtout ne lisez pas ce livre si vous cherchez de l’aventure et de l’action, il n’y en a pas! La situation des personnages et de ce village n’évolue pas particulièrement à la fin du roman. Il faut le lire si vous avez soif de paysages à perte de vue, d’espaces, de descriptions sylvestres etc. D’ailleurs, je pense que ce livre se rapproche du nature writting. Si vous aimez ce genre littéraire, ce livre est fait pour vous! Lire les descriptions des forêts, des cabanes forestières et de la rivière fait vraiment du bien surtout pour s’évader de notre quotidien.

 

Au-delà de la description, la narration a vraiment une place très particulière dans ce livre. La plume de Ken Kesey n’a rien de semblable avec celle de Balzac ou d’Hugo mais elle est extrêmement intéressante. En effet, ce livre prend du temps à lire à cause de son nombre de pages mais aussi à cause de cette narration. Par exemple, sur une page, vous allez avoir le point de vue de plusieurs personnages. Admettons, vous avez les pensées d’Hank, vous lisez en même temps des didascalies qui sont en italiques qui représentent ce que voit Lee et vous pouvez même avoir l’avis d’un personnage à l’autre bout du village mais qui est relié à ce qu’il se passe. Bref, ça part dans tous les sens et c’est très intéressant de voir comment cette plume arrive à retranscrire quasiment tout ce qu’il y a à voir ou à savoir à propos d’un événement. Personnellement, c’est cette narration qui m’a happée dès les premières pages, elle m’a littéralement subjuguée par sa construction et sa richesse. Je ne vous garantis pas d’adhérer à celle-ci mais rien que pour ce point, le livre mérite d’être lu.

 

Cette narration permet de mieux comprendre la complexité des relations humaines. En effet, certains passages que nous lisons nous laissent découvrir le point de vue de deux ou trois personnages à la fois et comme dans la vie courante, ils interprètent différemment un événement. Cette relation fraternelle que nous découvrons connaît des hauts et des bas à cause de malentendus et de mauvais interprétations. C’est pourquoi la plume a un rôle si déterminant dans cette oeuvre, elle nous laisse voir les réelles motivations des personnages et comment ces derniers arrivent à voir le mal là où il n’y a rien!

 

Un autre aspect de ce livre qui est très percutant, c’est ses personnages. Nous sommes au beau milieu de l’Oregon durant les années soixante. C’est pourquoi, l’auteur a choisit de nous décrire des personnages qui sont alcooliques, illettrés, sans aucunes valeurs et j’en passe. De prime abord, on se dit que ce ne sont que des abrutis de bouseux au fin fond d’une bourgade paumée. Cet aspect est d’autant plus accentué par la venue du fameux demi-frère du grand méchant de l’histoire: Leland, un jeune universitaire venant de la côte Est. J’imagine que vous voyez rapidement ce choc des cultures entre eux et ce jeune homme… Et bien détrompez-vous! Bien sûr, il y a un décalage mais la cohabitation fonctionne vraiment bien. Ken Kesey nous laisse découvrir peu à peu ses personnages et pas un seul n’est manichéen. Finalement, les bouseux n’en sont pas, les méchants ne sont pas aussi mauvais qu’il n’y paraît et les gentils sont plus retords que les autres habitants de la bourgade. Etant donné qu’on nous les décrit  de façon subjective, l’auteur nous laisse complètement nous forger nous-même notre propre avis sur ces derniers.

 

Ces personnages sont très nombreux et de tout les bords possibles pour l’époque: Une indienne qui se prostitue, un vieux bûcheron, un syndicaliste, un étudiant, une française qui se prostitue afin de survivre, des Suédois qui effraient les enfants de la ville, un représentant syndicaliste venant de Californie, un barman cynique, un agent immobilier véreux etc. Au début du livre, on se demande comment ces personnages feront avancer l’intrigue et au fil des pages, on peut constater à quel point Ken Kesey est un grand auteur. Il a réussit à tous les développer et les relier de façon pertinente à la trame principale: ils ont des croyances, des manies, un passé, des craintes. Ces 900 pages défilent rapidement grâce à eux et à leurs petites histoires.

 

En conclusion, je vous encourage à lire cette pépite qui vient d’une petite maison d’édition plus que prometteuse! Vous voyagerez, découvrirez des secrets de famille, une narration exceptionnelle et vous passerez un grand moment de lecture!

 

Note: 20/20

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Bonnes lectures!

Un commentaire sur “Chronique: Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey

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