Chronique

Chronique: « La Curée » de Zola

la curée Zola

Coucou les lecteurs!

Aujourd’hui, une toute petite chronique de ce classique que j’ai lu en continuant ma lecture des Rougon-Macquart. Ce n’est pas un coup de cœur mais il reste intéressant notamment si le Second Empire vous intrigue.


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La France de Napoléon III vue par Zola :  » A cette heure, Paris offrait, pour un homme comme Aristide Saccard, le plus intéressant des spectacles. L’Empire venait d’être proclamé… Le silence s’était fait à la tribune et dans les journaux. La société, sauvée encore une fois, se félicitait, se reposait, faisait la grasse matinée, maintenant qu’un gouvernement fort la protégeait et lui ôtait jusqu’au souci de penser et de régler ses affaires. La grande préoccupation de la société était de savoir à quels amusements elle allait tuer le temps. Selon l’heureuse expression d’Eugène Rougon, Paris se mettait à table et rêvait gaudriole au dessert… L’Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l’Europe. « 

Edition: Livre de poche

Prix: 4 euros

Nombre de pages: 416 pages


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Je ne vais pas vous mentir, ce livre est intéressant pour les fans inconditionnels de Zola (comme moi!) et ceux qui s’intéressent au baron Haussmann, aux grands travaux de Paris et à la spéculation immobilière.

En effet, l’intrigue repose sur l’enrichissement d’Aristide Rougon. Si vous avez lu La Fortune des Rougon ou lu ma chronique de ce livre, vous vous rappelez forcément de lui! Aristide, c’est un peu la girouette qui se couche républicaine et se réveille bonapartiste. Grâce à la position de son frère aîné, Eugène Rougon, ce dernier sentira le bon coup et quittera Plassans pour se rendre à Paris. Sur les conseils de son frère, figure éminente de ce nouveau régime, il occupera un poste à l’Hôtel de ville de Paris. L’endroit parfait pour entendre des informations, concernant les travaux qui changeront Paris et pour participer à la spéculation, le sport national de ces arrivistes durant le Second Empire. Aristide, en participant à la curée, deviendra un des grands bourgeois les plus éminents de la capitale.

L’intrigue découle de cet enrichissement et de son remariage avec une femme d’une famille très riche dont il dilapidera la dot. Et oui! Quel coup du sort, sa femme qu’il a épousé à Plassans décède quelque temps après leur arrivée à Paris. Justement quand un mariage plus intéressant donnerait un coup de pouce à la carrière d’Aristide. La vie est vraiment bien faite…

Bien sûr, entre les magouilles et son remariage les affaires vont tourner au vinaigre à cause d’un personne en particulier, son fils: Maxime Rougon. Une sorte de précieux, insouciant qui ne sait que dilapider l’argent de son père et coucher avec sa belle-mère avec qui il n’a que quelques années de différences. Je me demande d’ailleurs toujours si c’est de l’inceste, étant donné qu’elle n’est pas sa mère. C’est typiquement le genre de questions que je ne pensais jamais à avoir à me poser mais voilà, Zola. Bref, les spéculations immobilières vont de moins en moins bien et Aristide commet plusieurs erreurs: un mauvais choix de partenaire, un mauvais placement et il comptait sur les ventes des terres de sa femme, que Maxime empêchera, en la mettant en garde de son père et de sa façon de dilapider son argent et ses propriétés. Le train de vie de la famille étant plus que fastueux, les dettes ne tardent pas à s’accumuler.

On arrive à un des points négatifs de ce livre, je n’ai pas accroché aux personnages, sauf Aristide. Maxime est plat comme un trottoir et Renée n’est qu’une mondaine qui se lamente constamment. Leur « amour » est niais, mondain et n’a rien de concret. Cette relation n’a que des côtés négatifs.

Après quasiment 350 pages, le père découvre enfin la vérité! J’étais curieuse de voir comment il allait réagir. Et bien, même ça, c’est retombé comme un soufflet! Aristide les voit, sort avec son fils de la pièce, sans un mot et la vie reprend comme avant. Je m’attendais à une scène, des pleurs, des menaces. Bref du drame à l’état pur! Mais non…

Le livre se termine plusieurs années plus tard, où l’on assiste à la déchéance de cette femme qui n’a jamais été aimée ni de son époux ni de son beau-fils. Renée est devenue folle et triste. Le roman se clôt sur une escapade à bord d’une calèche, dans un parc proche de sa demeure. Une promenade durant laquelle elle croisera de façon fortuite  le père et le fils qui se promènent ensemble comme deux bons amis. Renée est frappée par la réalité: elle n’a plus d’agent, elle est folle, seule et la vie reprend son cours. Aucuns mondains dans ce parc n’a changé, sa propre famille continue comme si cet amour incestueux n’était rien. Elle mourra quelques temps plus tard d’une méningite.

Ce n’est pas mon préféré des Rougon-Macquart, pour l’instant. Les intrigues mondaines et les spéculations immobilières sont intéressantes mais Maxime et Renée restent des archétypes. La fin m’a vraiment plu, je ne m’attendais pas à ce revirement de situation qui nous livre une fin tellement acerbe. Je pense qu’il appartient aux tomes qui donnent une image de l’époque et qu’il ne faut pas le lire dans le but de lire de l’action ou des rebondissements. Je vous le conseille mais plus par curiosité, si vous le trouvez d’occasion, par exemple mais ne commencez pas votre découverte des œuvres de Zola par ce livre.

 

Note: 15/20

 

Bonnes lectures!

Ps: Au vu des événements actuels, j’espère que vous et vos proches, vous vous portez bien que le temps n’est pas trop long et que vous lisez beaucoup bien sûr! Restez confinés et faites baisser votre pal, c’est un très bon moyen de passer un confinement en toute sécurité et de voyager!

tenor

2 commentaires sur “Chronique: « La Curée » de Zola

  1. J’ai décidé de lire tous les Rougon-Macquart de Zola, mais dans l’ordre de parution pour corser un peu la chose. J’ai donc lu aussi La Curée et je suis assez d’accord avec toi. J’ai bien aimé, mais ce n’est pas le meilleur de la série. Pour l’instant, j’ai lu les 4 premiers tomes et mon préféré reste le quatrième. Super chronique ! 😀

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