Chronique

Chronique: « La religieuse » de Diderot

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Coucou les lecteurs!

Je reviens aujourd’hui pour vous faire découvrir un classique que j’ai lu pour mes études. Encore un…

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Parce qu’elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses voeux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d’une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme avant de devenir la proie d’une mère supérieure qui va faire de sa réclusion un enfer. Harcelée, martyrisée, elle subit les pires sévices. Femme cloîtrée soumise à toutes les perversions de la vie monastique, Suzanne peut-elle échapper à la folie ?

Editeur: Livre de poche

Prix: 4,50 euros

Nombre de pages: 319 pages


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Avant de donner mon avis, à proprement parler, il faut que je vous parle du contexte de ce livre. Diderot l’a écrit pour faire une blague à l’un de ses amis. Qui a dit que les encyclopédistes n’étaient pas drôles?! Je vous explique: Diderot fréquentait les salons et il avait plusieurs amis dont le marquis de Croismare. Un homme pieux qui est retourné vivre en Normandie dans sa propriété. Seulement, Diderot et ses amis voulaient son retour dans les salons parisiens mais comment procéder? C’est simple, il faut monter une vaste supercherie pour qu’il revienne. Le marquis était très pieux et quelques années auparavant, il avait défendu une jeune religieuse du couvent de Longchamp qui avait un procès car elle souhaitait renier ses voeux, prononcé contre son gré; elle n’a pas gagné son procès. Le marquis continua sa vie sans se soucier d’elle…

Jusqu’au jour où il reçoit une lettre de cette supposée religieuse. Elle a changé de nom de Marguerite Delamarre pour Suzanne Simonin. Vous comprenez où Diderot en vient? Il va correspondre pendant quatre mois avec lui en se faisant passer pour elle et la logeuse de la jeune fille. La religieuse lui demande son aide car elle a fuit son couvent et redoute d’être emprisonnée. Le marquis lui propose une place de domestique chez lui en Normandie. Diderot invente donc la mort de cette jeune religieuse pour essayer de le faire venir. Le marquis est attristé de cette nouvelle mais il se rappelle que dans une des lettres de la logeuse, elle (logeuse-Diderot) mentionne que la jeune religieuse rédige ses mémoires, mémoires qu’il réclame à sa mort. Diderot se retrouve coincé dans son propre piège et rédige les mémoires de Soeur Suzanne et les remet au marquis. Finalement, le marquis ne reviendra jamais pour elle mais en découvrant la farce des années plus tard il rira tout autant que ses amis. Voilà pour la petite histoire!

Nous lisons donc les mémoires de Suzanne Simonin qui les rédige à l’attention du marquis de Croismare. Le roman reste difficile à lire. Alors, pas autant qu’un livre de guerre mais tout de même. En le lisant, on peut se demander s’il n’y a pas eut d’autres jeunes femmes dans les couvents qui ont réellement vécus ces abus. Nous suivons une jeune fille de seize ans, Suzanne qui sera obligée par sa famille et les Soeurs à prendre l’habit et prononcer ses voeux. Diderot traite de plusieurs sujets très sensibles pour l’époque comme le suicide, la torture physique et psychologique, la maltraitance, le vol, l’homosexualité etc. Il clash le Dédé! Le livre a été censuré à cause de son contenu plus que polémique. Attention, il ne critique pas la religion mais les couvents! Malgré tout, le livre ne donne pas vraiment une bonne image des Soeurs et des couvents.

L’auteur dénonce ce que la réclusion dans un couvent peut provoquer comme dérives (selon les idées de l’époque, ce n’est pas mon avis), notamment l’homosexualité qui est un des points les plus importants de ce roman. Nous assistons donc au quotidien de cette jeune femme qui est l’archétype de la vierge innocente qui ne comprend rien à rien. Il met en opposition sa supérieure qui veut profiter de son statut pour abuser d’elle et cette jeune fille naïve qui ne comprend pas (ou ne veut pas comprendre, qui sait?) ce qu’une femme seule pourrait faire à une autre. Ce qui est choquant, c’est que tous les membres du couvent savent ce qu’il se passe mais ne font rien ou il l’a prévienne juste… Je me souviens notamment d’une scène d’attouchement sexuel entre la supérieure et elle qui ne saisit vraiment pas ce qu’il se passe. J‘ai rigolé, c’est mal! Soeur Suzanne est très niaise ce qui contrebalance la gravité de certains moments car nous sommes obligés de rire. Une autre scène très drôle: la supérieure vient dormir dans le lit de suzanne, elle lui demande pourquoi… J’ai froid! Ah bon, ba si t’as froid, pas de problème hein!

Suzanne a beau souffrir, elle reste fidèle a la religion. C’est ce que Diderot veut montrer, il n’est pas contre la religion mais contre les couvents. Elle croit fermement en Dieu mais refuse de se faire religieuse, elle sait ce qu’elle veut faire de sa vie avec ou sans un homme. Elle se fiche du mariage ou de l’après. Maintenant, elle veut être libre. Un propos très moderne pour le XVIIIe siècle!

 

Bref, je ne vais pas vous spoiler mais ce livre, en excluant la candeur de suzanne, ce n’est pas la joie! Néanmoins, je vous le conseille car il reste très bien écrit et il est très intéressant. D’autant plus si vous prenez en compte le contexte de sa rédaction!

 

Ma note: 18/20

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Bonnes lectures!

4 commentaires sur “Chronique: « La religieuse » de Diderot

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