Chronique

Chronique: « Filles de la mer » de Mary Lynn Bracht

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Les informations du livre:

Editeur: Pocket

Prix: 7,90 euros

Pages: 416 pages

Thèmes: Corée, colonisation, famille, femmes de réconfort

Résumé:

Sur l’île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite soeur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée. Un jour, alors qu’Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat. Craignant pour sa soeur, Hana rejoint le rivage aussi vite qu’elle le peut et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie.

Quelques précisions à propos des femmes de réconfort:

Je me permets d’évoquer ce sujet car malheureusement beaucoup de personnes ignorent l’existence même des horreurs qu’on vécut ces femmes.

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*Qu’est-ce qu’une femme de réconfort? Comment cela s’est mis en place?

Une femme de réconfort (terme employé par le Japon) n’est ni plus ni moins qu’une esclave sexuelle qui vit dans une maison close. Suite au massacre de Nankin et aux multiples viols qui s’en sont suivit, l’empire a décidé de « créer » ce rôle pour protéger les soldats des maladies vénériennes et de leur donner du « courage » avant d’aller au combat. Ce trafic a duré de 1931 à 1945.

*Qui sont-elles?

En général, ces jeunes femmes étaient en majorité mineures. Elles venaient de Corée, des Philippines, des Indes néerlandaises, de Chine et de bien d’autres pays.

*Comment sont-elles devenues femmes de réconfort?

Au début, le Japon passait des petites annonces pour du travail au Japon pour des jeunes femmes célibataires désireuses de travailler. Très vite, la population remarque que ces jeunes femmes ne donnent plus jamais signe de vie et disparaissent littéralement. La Kenpeitai (police militaire japonaise) a donc organisé des enlèvements massifs dans toute l’Asie afin de « ravitailler » ses maisons closes en Mandchourie, au Japon etc.

*Combien de femmes furent femmes de réconfort?

Il est très difficile de savoir le chiffre exact. Il y a peu de témoignages et peu de femmes s’en sont sorties. On estime entre 400 000 et 200 000 le nombre de femmes qui furent enlevée.

*Quelle est la situation actuelle de ces femmes?

Aujourd’hui seulement 46 femmes sont reconnues comme étant des femmes de réconfort et elles sont toutes coréennes. En 2015, Shinzo Abe, le premier ministre japonais, a proposé la somme de 7,5 millions d’euros afin de « dédommager » ces femmes. Somme qui fut refusée par les victimes. Depuis, le Japon ne bouge plus et ces femmes sont dans l’attente d’un mea culpa du Japon.

L’un des premiers témoignages est celui de Kim Hak Sun (1924-1997), une femme coréenne qui en 1991 a choisit de raconter sa vérité et les atrocités qu’elle a vécut. Son témoignage a encouragé de nombreuses femmes à s’exprimer et le monde a redécouvert ce pan de l’histoire.

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Depuis 1992, tous les mercredis se tient une manifestation à Séoul devant l’ambassade du Japon afin de faire pression. Parmi les manifestants, il y a de nombreuses femmes de réconfort. Une statue fut érigée devant l’ambassade du Japon par la Corée afin de leur rappeler leur erreur.

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Le livre:

Je suis passionnée par la Corée depuis des années. Je connaissais déjà l’histoire des femmes de réconfort. Néanmoins, ce livre m’a frappé et époustouflé.

L’auteur qui a des origines coréennes maîtrise parfaitement son sujet. L’histoire tient debout et il n’y a pas d’erreurs historiques. Elle arrive à nous dépeindre la descente enfer d’Hana et le quotidien d’Emi sa petite soeur suite à son enlèvement.

Ce livre est très dur. Certains passages m’ont fait pleurer (ce qui est très rare) et d’autres m’ont dégoûtés par leur cruauté. Le quotidien des femmes de réconfort n’est pas fantasmé, l’auteur n’épargne pas son lecteur mais c’est nécessaire.

J’ai été impressionnée par la force de caractère des personnages. Ils se battent tous pour leur survie même dans les moments les plus difficiles.

Bien sûr, l’auteur n’épargne pas non plus les japonais. Elle décrit la réalité que le Japon refuse d’admettre depuis des années. Les passages dans les maisons closes sont très difficiles mais les enlèvements sont les pires selon moi. On assiste au départ de petite fille de moins de dix ans parfois qui ne reverront pas leur famille et mourront de maladies violées plusieurs heures par jour par des soldats.

En conclusion, je le conseille réellement. Il est difficile d’en parler sans spoiler car une fois le contexte historique intégré l’histoire se résume en peu de mots. Une pure merveille que je conseille!

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Ma note: 20/20!

2 commentaires sur “Chronique: « Filles de la mer » de Mary Lynn Bracht

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